LE HANGAR (Inde 1999 - 2000)

Ce recueil se divise en trois parties, les catégories indiquées sur la gauche: Le Hangar, Le Cahier Vert, Main Bazar Hotel. Les photos sont de Nicolas Mirland et de moi-même.

30 janvier 2005

Aube

Des sirènes au loin, doucement

 

L'air sent l'épice froide, la veille et les fleurs

              et la poussière mélangées

Le piéton ne se sent pas encore en danger

 

C'est l'heure où l'heure serpente et sent,

Où tintent les clochettes, brûlent les encens,

Où des pieds nus portant

      des rails de fumée

Frôlent sans un mouvement

      les dortoirs abîmés

 

Sur le trottoir d'en face

Un corbeau affamé

Ouvre un bec alarmé

   et croasse

 

Moi, je suis en suspens

J'attends

Mes ailes sont repliées

Posté par konave à 17:25 - Main bazar Hotel (Inde 2000) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Main Bazar Hotel

Assis en tailleur

Sur un lit rachitique

La pensée qui s'applique

Rongée par l'ailleurs

Le lieu d'où l'on se trouve

 

Murs décrépis

Climatiseur pourri, anémique

Occupé par une armée de moustiques

Bien en dépit

De la fatigue, que l'on éprouve

 

Crachats de feuilles

De bétel pourpre mollement mâchées

Vers la télé bêtement perchée

Seule au-dessus du seuil –

Cafards hardis, que l'on réprouve

 

Le jour pèse

Comme un cadeau qu'on ne veut pas

Chaleur moite, rue folle à deux pas

L'immobilité apaise –

A la fenêtre

Les éternelles corneilles, qui désapprouvent

Quoi qu'il se fasse, quoi qu'on croie

Posté par konave à 17:08 - Main bazar Hotel (Inde 2000) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La fin de la route

La fin de la route

Le bout du monde

Un océan d'écume gronde

De rondes vagues, et puis plus rien

 

Le bruit de l'océan indien

Des tas de sable sale où le vent vient

Assécher l'herbe longue noire

Que le soleil brûle de méchante gloire ;

Rien d'autre –

Une route coupée

Une ligne d'arbres

Et puis plus rien,

Rien d'autre –

 

Le vide de l'horizon

Posté par konave à 16:49 - Main bazar Hotel (Inde 2000) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 janvier 2005

Jours de Delhi

Sur son visage déconfit je vois toute joie mourir

Couler s'engluer jusqu'au bout de son menton

Ses bras touchent bientôt le bas de son pantalon

Sa moustache semble en pendre de douleur

Rarement telle déception n'a tant frappé son cœur

Je ne veux rien acheter, juste demander l'heure

 

Jours de Delhi

Ce soir un taxi miteux me conduit jusqu'à l'aéroport

Eblouissant de lumières climatisées

Et ça y est, tout ça, de ma vie,

Déjà dehors –

 

Contempler Delhi du haut de la bruine

Plus tard bien plus tard,

Hors de la mousson par une fenêtre ronde

Hors de la mousson, par une fenêtre ronde –

Posté par konave à 14:16 - Main bazar Hotel (Inde 2000) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1