29 janvier 2005
Faux départ
Vers une heure du matin un train s'arrête, ce n'est pas le bon. Il déverse sur le quai une confusion incroyable de couleurs, de cris et de bousculades.
Des hommes vendent de tout en hurlant.
(Plus tard).
Le calme retombe comme une plume.
Un thé argileux brûle la main, la bouche, l'estomac qui se crispe. On décapite plus loin des noix de coco vertes à grands coups de machettes rouillées, sous le regard vitreux d'un chien que dissout vivant une effroyable maladie de peau ; il est gris et filiforme, presque fantôme sous les néons blafards. La nuit, les lucioles hésitantes reviennent et emplissent à nouveau les silences.
(Plus tard).
Le visage touffu d'un soldat sikh s'allonge sous son gros turban rond, ses paupières battent des ailes de papillons. Derrière lui, des silhouettes furtives s'accroupissent autour d'un point rouge fumant, qui passe de l'un à l'autre dans des bruits de souffles. Le ciel est clair, tout vibre en choeur. Une brise inattendue caresse les joues. Alors des insectes délirants se précipitent et grincent sur les quais.
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