29 janvier 2005
Darjeeling centre
La ville bouillonne jusqu'entre ces montagnes !
Des milliers de têtes nues dans des petites rues
Vont et viennent et stagnent et parlent et regagnent
Des maisons sales, collées à des pentes ventrues ;
On en oublierait presque les hautes montagnes,
Les champs de thé dans les nuages, à perte de vue –
Un homme sombre, sorti d'un invisible bagne
Marche abattu, les yeux au sol, maigre, imprévu –
- Auprès des bus tôlés qui défient les sommets,
(Moteurs asthmatiques et pop stars de Bombay)
On se presse dans une grange aux murs décimés,
Une boucherie – Noire de suie de clients imbibée
De chairs contre des poutres, que lorgnent les corbeaux,
Violemment crochetées, et maintenant découpées
Dans une cohue étrange d'argent et de couteaux –
A la porte, où se trame un commerce de morceaux,
Un mendiant estropié gît tel un rescapé ;
Sa voix sèche claque comme des petits coups de ciseaux,
Des verres épais de ses lunettes s'échapper
Est une souffrance – Autour, ouvrant des becs d'oiseaux,
Les montagnes se plument de brumes râpées ;
Un détour de chemin et la foule s'empêtre
Dans des échoppes frêles, noyées par les encens
Des femmes brûlent du maïs, et leurs gestes champêtres
Tracent dans les fumées des symboles savants
Dans ma poitrine, je sens
Doucement battre l'Etre
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